2001
Théâtre le Proscenium (Paris)

UBERYOU 1
Machine à désespoir

inspiré de l’œuvre de Thomas Bernhard

Conception et adaptation: Urszula Mikos
Avec: Georges Ischenko

Pour sa première manifestation, UBERYOU s’attaque au langage de Thomas Bernhard. Rien de nouveau bien sûr dans ce choix, mais la matière typiquement musicale du langage du dramaturge et romancier autrichien permet tout particulièrement de s’arrêter sur la parole en tant que véhicule de l’énergie : « en avançant on produit le sens ». On trouve dans les répétitions obsessionnelles de Bernhard, dans la musicalité de ses phrases, des stéréotypes employés par ses personnages, quelque chose d’universel, s’apparentant à la transe, à la prière, aux cycles de la vie avec leur régularité et leur absurdité : « Thomas Bernard invente une transcription musicale de son angoisse ». On se trouve alors comme chez Kantor à la frontière entre les décharges et les espaces infinis, les deux univers qui voisinent en l’homme. Il y a également dans cet univers une matière théâtrale extrêmement riche qui permet de rapprocher théâtre et musique, à travers des variations, des successions de litanies (avec pause/silence/tension, des respirations atypiques), une musique complexe des nos émotions.

Une obsession anime le personnage d’UBERYOU 1: la recherche d’un moment de concentration absolue, nécessaire pour une activité indispensable et énigmatique; une recherche scientifique, l’écriture d’un traité sur l’ouïe. Tourmenté par ce besoin d’exister, d’accomplir un acte parfait, mais déchiré par son impuissance, il se referme sur lui-même et refuse le monde. Son existence se réduit alors à une observation infatigable et maniaque de lui-même, le menant peu à peu vers la névrose puis aux limites de la folie.

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