« Il y a aujourd’hui une difficulté à "entrer dans l’Histoire", à agir de son propre chef, à s’engager. Le monde de tous les jours est peuplé d’évènements médiatisés, neutralisés qui arrivent sous forme de flashs et de reportages inlassablement rediffusés. L’Histoire est une histoire racontée à une société spectatrice et infantilisée. Plus besoin de la vivre. Urszula Mikos, en opposant une représentation filmée de l’histoire sous la forme de projections d’actualités télévisées, de documentaires, de vidéos faites sur le vif de certaines scènes de la pièce (celle par exemple de la conjuration) et une donation de la même histoire à travers le jeu physique des acteurs, pointe justement le décalage qui existe entre l’évènement historique et sa médiatisation. L’engagement de Kordian est d’autant plus historique qu’il ne s’identifie pas à la répétition d’un rôle à jouer. Peu importe que ce soit ce personnage de théâtre qui se révolte, peu importe qu’il réussisse à changer le monde, qu’il soit polonais , qu’il ait existé puisqu’en dernière instance, c’est la présence corporelle du comédien qui assume sous nos yeux le destin de Kordian qui fait évènement. »
CASSANDRE – Alexandre Wong

« Pari tenu donc pour un spectacle hors normes qui aura mis une technique de pointe au service de la dramaturgie. A mille lieues d'un faire-valoir ou d'un effet de mode, vidéo et bande-son auront marqué d'une pierre blanche l'itinéraire d'un spectacle phare de la saison de l'Atelier du Rhin. »
L'ALSACE - Dominique Feig

« On connaît à peine en France Les Adieux de Mickiewicz. Alors Kordian de Slowacki, autre écrivain polonais, contemporain de Mickiewicz et de Chopin, qui en a entendu parler en terre hexagonale ? C’est dire l’audace d’Urszula Mikos, qui en propose une version française (en collaboration avec Louis Cervin) et une mise en scène (…) C’est une révélation, une sorte de Lorenzaccio plus fantomatique. Kordian prépare un complot contre le tsar Nicolas Ier, mais le complot n’a pas lieu. Il sera sans doute exécuté car le dernier acte reste inachevé. (…) Urszula Mikos a imaginé un spectacle rapide où la vidéo multiplie les images et où la plupart des comédiens endossent plusieurs rôles. C’est cursif, ténébreux, bien joué par Olivier Werner (Kordian), Mathias Mlekuz, Régis Ivanov…. »
L’AVANT-SCENE - Gilles Costaz

« Urszula Mikos loge l’œuvre dans un espace bordé d’écrans, où se projettent les interventions de l’un ou de l’autre personnage, le point de vue live, aussi, de l’œil-caméra posé sur la scène en train de se jouer. Entre surcroît de vérité et effet de mise à distance, dans le chevauchement du réel et du rêve, elle impose la contemporanéité du texte de Slowacki aux caractères joliment portés par ses onze comédiens. »
DERNIERES NOUVELLES D'ALSACE - Nathalie Chifflet


« Les succès de ses mises en scène d’auteurs contemporains polonais tels Schaeffer et Glowacki a amené la directrice artistique du théâtre parisien le Proscenium, Urszula Mikos, à s’atteler au projet ambitieux d’une "trilogie romantique polonaise" au seuil de l’entrée de notre pays dans l’Europe en 2004 (…). La mise en scène parisienne d’Urszula Mikos opère magnifiquement avec les moyens contemporains de la direction scénique, de la scénographie, de la musique et de la vidéo sans jamais pourtant dénaturer la richesse métaphysique du drame polonais. Kordian est magnifiquement interprété par un jeune comédien, Olivier Werner. (…) Kordian devient le héros d’un total engagement dans le monde inscrit dans la phrase fiévreuse "à mon peuple, je donne ce que je peux, mon sang et ma vie". On peut s’interroger sur ce qu’il reste de cet héroïsme polonais après les années Solidarnosc ? On peut se demander qui va comprendre le sens de ce combat ici, en France ? Mais paradoxalement la salle du Centre Wallonie remplie de spectateurs français et polonais accueille avec enthousiasme le spectacle et nous confirme la valeur toujours actuelle du romantisme polonais, au début du troisième millénaire… »
GLOS KATOLICKI

« Juliusz Slowacki est le plus illustre représentant du romantisme polonais. On lui doit des poèmes, des romans mais surtout des pièces de théâtre qui en font, si l’on veut, l’égal de notre Musset. Très influencé par Shakespeare, il est un peu le père du théâtre polonais et de toute cette tradition d’une dramaturgie éclatée, baroque, plus obsédée par les signes et les idées que par la création de vrais personnages. Kordian, son héros, est un Lorenzaccio moins cohérent qui utilise sans le savoir vraiment, son obsession patriotique pour assouvir sa crise identitaire. Slowacki montre bien comment la défense de la plus noble des causes est d’abord et toujours une affaire individuelle. Sa pièce est passionnante./…/ Il faut donc remercier Urszula Mikos de nous offrir ce spectacle. Sa mise en scène intelligente s’amuse avec tous les possibles du nouveau théâtre. Les comédiens jouent le jeu de la troupe avec bonheur. Et, petite récompense supplémentaire, Olivier Werner dans le rôle principal, est tout à fait formidable. »
LE FIGARO MAGAZINE - Jean-Luc Jeener

« Juliusz Slowacki, l'un des dramaturges majeurs de la période polonaise, est l'auteur d'une seule et unique œuvre, écrite à 24 ans. Il y a chez son héros, Kordian, auquel Olivier Werner donne une belle force intérieure, quelque chose de Lorenzaccio. Il ira jusqu'au bout de sa révolte solitaire contre une société diaboliquement matérialiste. La mise en scène déconstruit la linéarité de la pièce, met la froideur de la technologie au service d'un propos fougueux, abolissant la frontière entre réel et imaginaire. Les ombres de Kantor et de Grotowski planent sur ce spectacle sombre, parfois un peu trop obscur, étrange et fiévreux. »
ZURBAN - Corinne Denailles

« Juliusz Slowacki est l’un des plus importants dramaturges polonais. Mort à 40 ans en 1849, il écrit Kordian, son œuvre majeure, à 24 ans. On est très loin du romantisme nombriliste d’un Lorenzaccio : représenté pour la première fois en France, Kordian est un texte politique majeur pour une Pologne qui se débat sous le joug tsariste. Patriote polonais, Kordian est un héros désabusé; son régicide doit être le point culminant d’une vie brûlée parce que trop incandescente. Le texte de Slowacki demeure d’une actualité évidente. »
LE JOURNAL DU DIMANCHE - Vincent Ejarque

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