« Les arts de la scène au service des pauvretés de l’ambition humaine… Il y a dans ce splendide amoncellement et surtout dans sa mise en œuvre, un côté célébration liturgique, grand’messe laïque. Parfois, ça m’a fait penser aux chants nusrat fateh ali khan, lancinant dialogue tour à tour tendre, agité, en déconstruction, en super-position, parfois récité, parfois inaudible, à certains vides propres au théâtre japonais : corps figés, mouvements ralentis, présences invisibles derrière la toile, regards sur nous, les spectateurs (le garçon dans l’écran), aux performances, aux recherches tant sur l’image que le son qui sont menées puis exposées au Palais de Tokyo. Tout ceci supporte un texte magnifique, lourd, puissant, parfois jusqu’à frôler l’indigeste : peu importe nous sommes ici dans un moment fort, crucial, le spectacle de nos propres comportements, de nos calculs, de nos errances, de notre vanité destructrice… et qui n’en finissent pas. En sortant de ce lieu, je me suis dit que, peut-être, les marches que je remontais pour retrouver la rue étaient celles du théâtre Jean Vilar et que j’y avais vu un morceau de moi-même que je n’avais osé fréquenter. »
LE TEMPS AU TEMPS (10/01/05)

« Avec ce texte de Krasinski, dramaturge polonais du XiXème siècle injustement méconnu en France, Urszula Mikos s’attaque à une partition puissante, porteuse d’une réflexion confondante de modernité sur les ravages et les impasses des idéologies révolutionnaires. Au final, un spectacle qui pèche parfois par excès d’esthétisme et de sophistication, mais qui ne manque ni de panache ni de souffle. […]
Plutôt que de se contenter de sortir de l’oubli cette très belle pièce, Urszula Mikos la met en scène de façon extrêmement spectaculaire, multipliant avec beaucoup de maîtrise des effets qui en mettent plein la vue. […] Les reserves que peut susciter la débauche d’effets de mise en scène pas toujours indispensables cèdent alors finalement le pas à l’admiration et au respect pour un spectacle décoiffant qui se donne les moyens de ses ambitions et qui ne sacrifie jamais la qualité à ses excès. »

THEÂTROTHEQUE - Frédéric Eliès

« Réflexion sur l’engagement révolutionnaire et l’affrontement entre conservateurs, et progressistes, la pièce de théâtre Comédie Non Divine dénonce l’utopie des idéologies par l’utilisation de la technologie. Toute l’originalité de la pièce réside dans sa mise en scène, qui utilise la caméra vidéo. Aux acteurs répondent, par écran interposés, des scènes enregistrées. « Il semblait intéressant de placer la scène de Comédie Non Divine dans un univers entre plateau télé et le parlement … d’interrompre le texte par des interventions extérieures : paroles engagées ou politiciennes, discours télévisuels » explique Urszula Mikos. La vidéo fait ainsi entrer le spectateur dans une hallucination continuelle entre rêve et réalité et l’interroge : est-il capable aujourd’hui d’échapper à la manipulation des images et de la propagande. »
MARIANNE - Anne Marie Muller

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